Appel à communications

La découverte scientifique dans les arts : persistance et mutation de la merveille du XIXe siècle à nos jours — Programme jeunes chercheurs

Université Paris-Est Marne-la-Vallée, 19 et 20 novembre 2015, organisé par Azélie Fayolle et Yohann Ringuedé, Laboratoire LISAA-Littérature, Savoirs et Arts-EA4120 Comité scientifique : Juliette Azoulai, Carmen Husti, Gisèle Séginger.

Découverte scientifique et arts : voilà un couple dont l’union, quoique fort ancienne, a beaucoup évolué au fil des siècles. De l’Antiquité jusqu’à la Renaissance (et même parfois au-delà), la transmission des découvertes scientifiques n’a pas eu de forme spécifique ; on communiquait ses propres découvertes comme on composait une œuvre de fiction. Science et littérature partageaient le même langage (de Lucrèce au Songe de Kepler) : les inventeurs étaient tout autant des hommes de lettres. De fait, la science ne reposait pas alors sur le modèle de la démonstration par des preuves expérimentales ; la découverte scientifique pouvait passer par des procédés littéraires de fictionnalisation, de recours à l’imaginaire et de subjectivation. Elle était donc naturellement liée à la merveille, parce que toutes deux se disaient de la même façon : ainsi en est-il des wunderkammer et autres mirabiliae, mais aussi de la plupart des récits de voyage à but scientifique. L’alchimie était pensée comme une entreprise merveilleuse dont la production, quoique scientifique, relevait du prodige. Avec la science moderne, une nouvelle épistémè se met en place : sciences et arts sont a priori relégués dans deux champs opposés au point qu’ils en viennent à constituer un couple antinomique. Néanmoins, les épistémologues et les historiens des sciences contestent depuis le XXe siècle la conception d’un progrès cumulatif du savoir scientifique et attirent notre attention sur les processus d’invention scientifique et le rôle de l’imaginaire dans l’expérimentation et la découverte. A fortiori, dans la littérature et les arts, qui ne suivent pas strictement l’histoire des sciences, les représentations ne rendent pas toujours exactement compte de l’état des connaissances les plus contemporaines (les savoirs représentés sont parfois dépassés). Ainsi peuvent être mises en scène des découvertes scientifiques qui sont parfois réelles et contemporaines, parfois fictives et qui anticipent sur l’état de la science, ou inversement archaïques.

Ce que nous nous proposons d’interroger, ce sont les relations qu’entretiennent les sciences et les arts par le biais de cette articulation spécifique.

Plusieurs pistes pourront être explorées :

  •  Quelles sont les nouvelles stratégies de mise en scène de la découverte scientifique ?
  •  Quelles sont les modalités de contextualisation de la découverte scientifique : le traitement du lieu (persistance de l’exotisme dans le récit de voyage, description sanctuarisée des laboratoires et autres observatoires astronomiques qui confinent la science dans des espaces clos réservés aux spécialistes, concordance entre la profondeur matérielle et l’antériorité chronologique en archéologie, géologie et paléontologie, etc.), des objets (décrits comme surprenants, formidables, etc.), des portraits de savants, réels ou fictifs (que l’on loue, canonise ou condamne), le rapport au temps (dilaté ou condensé à l’extrême).
  •  Y a-t-il un style de la découverte ? Comment se caractérise-t-il selon les époques ? Comment contribue-t-il parfois au développement d’un merveilleux scientifique ?
  •  Le récit de découverte poursuit-il un but, a-t-il une fonction (pédagogique, didactique, propédeutique, politique, sociale, morale, éthique, philosophique) ?
  •  Comment met-on en scène la découverte scientifique dans des textes littéraires non romanesques, au théâtre (on peut penser à Jenner de Flaubert, Bouilhet et Du Camp, Galilée de Ponsard, La Vie de Galilée de Brecht, etc.), ou en poésie ?
  •  L’idée même de découverte scientifique renvoie à une certaine conception de l’histoire et du temps dont relève entre autres l’idée hugolienne de « rature » (William Shakespeare) ainsi que la théorie des âges comtiens de l’humanité : la temporalité de la découverte relève du discontinu, de la révolution, et donc de l’exceptionnel. L’idée de progrès en est-elle nécessairement indissociable ?
  •  Il arrive que les romans d’anticipation mettent en scène des découvertes scientifiques, témoignage d’une redéfinition du merveilleux qui se manifeste souvent dans le domaine scientifique.

    Les propositions de contribution (titre provisoire et résumé de 15 à 20 lignes accompagnés d’un CV d’une demi-page) pourront relever de divers champs artistiques et devront être envoyées avant le 15 avril 2015 sous format électronique à l’adresse : decouvertes.arts@gmail.com

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